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L’hydratation en trail ne consiste pas à boire sans arrêt ou à attendre d’avoir soif. Il s’agit de boire suffisamment, au bon moment, selon le terrain et les conditions dans lesquelles vous vous trouvez.
Une perte de liquide de seulement 2 % du poids corporel peut entraîner une baisse de 10 à 20 % des performances d’endurance (Regan Olsson, 2022). Sur les longues montées, les terrains techniques et les sentiers isolés avec peu de points de ravitaillement, même de petites erreurs d’hydratation peuvent rapidement causer de la fatigue.
Ce guide explique combien d’eau les coureurs de trail ont réellement besoin, avec des formules pratiques et un contexte réel de sentier.
Pourquoi l’hydratation est plus importante sur le trail
Le trail sollicite le corps différemment de la course sur route :
- Plus de temps passé debout
- Montées et descentes constantes
- Terrain technique qui augmente le coût énergétique
- Moins de points de ravitaillement et moins prévisibles
L’eau soutient la régulation de la température, la fonction cardiovasculaire et la production d’énergie. Selon les recherches HPRC, une perte de poids corporel de 2 à 3 % est déjà considérée comme une déshydratation légère à modérée, et cela suffit à réduire notablement la performance aérobie.
Pour les coureurs de trail, ce risque est amplifié. Durée plus longue + environnements variables = un risque plus élevé de déshydratation comparé à la course sur route.

Comment vous perdez de l’eau en courant sur sentier
Comprendre comment vous perdez des liquides est la première étape pour élaborer un plan d’hydratation intelligent.
La sueur cause la majeure partie des pertes
La transpiration est le principal moyen pour votre corps de se refroidir. Des études NCBI montrent que l’évaporation de la sueur domine la déshydratation liée à l’exercice, surtout lors d’efforts de longue durée.
La respiration fait aussi perdre de l’eau
À mesure que l’effort augmente, la fréquence respiratoire s’accroît. Chaque expiration transporte de l’humidité — particulièrement visible en altitude.
Déshydratation cachée
Même par temps frais, les coureurs de trail peuvent perdre 0,5 litre par heure par la sueur et la respiration. Cette « déshydratation cachée » est facile à sous-estimer.
Une méthode simple pour calculer vos besoins en hydratation
Il n’existe pas de chiffre universel pour l’hydratation, mais il y a une manière fiable d’estimer vos besoins.
Utilisez la méthode du poids corporel
C’est l’un des outils les plus pratiques disponibles.
Poids corporel avant course – Poids corporel après course = perte de liquide
Chaque 0,5 kg (1,1 lb) perdu ≈ 500 ml (17 oz) de liquide nécessaire
Exemple :
Un coureur de 70 kg pèse 70,0 kg avant une course et 69,3 kg après. Cela représente une perte de 0,7 kg → déficit d'environ 700 ml de liquide.
Utilisez une formule d'hydratation horaire
Basé sur les recommandations du JISSN (2017) :
Hydratation horaire (ml) = Poids corporel (kg) × 5
Puis ajustez :
- Au-dessus de 20°C / 68°F → ajoutez ~10%
- Effort modéré → +10%
- Effort intense → +20%
Exemple :
Coureur de 70 kg, 25°C (77°F), intensité modérée :
- Base : 70 × 5 = 350 ml
- Ajustement température : +35 ml
- Ajustement intensité : +35 ml
Total ≈ 420 ml par heure
Référence rapide d'hydratation
| Poids corporel | Frais (10–20°C) | Chaud (20–30°C) | Chaud (>30°C) |
| 50–60 kg | 300–400 ml/h | 450–550 ml/h | 600–700 ml/h |
| 60–70 kg | 400–500 ml/h | 550–650 ml/h | 700–800 ml/h |
| 70–80 kg | 500–600 ml/h | 650–750 ml/h | 800–900 ml/h |
| 80–90 kg | 600–700 ml/h | 750–850 ml/h | 900–1000 ml/h |
Comment s'hydrater efficacement en courant
Connaître votre besoin d'hydratation n'est que la moitié du défi, le vrai challenge est de le mettre en pratique sur le sentier.
Buvez tôt, buvez souvent
- Prenez de petites gorgées toutes les 10–15 minutes
- Buvez avant les longues montées ou les terrains techniques
- Utilisez les sections plates pour vous hydrater en toute sécurité
- Ne vous attendez pas à avoir soif pour boire
N'oubliez pas les électrolytes
La sueur n'est pas que de l'eau : elle contient des électrolytes, surtout du sodium (~800 mg par litre), ainsi que du potassium et du magnésium.
Pour les courses de plus de 90 minutes, boire uniquement de l'eau pure augmente le risque d'hyponatrémie (taux de sodium sanguin dangereusement bas).
De nombreux coureurs de trail expérimentés adoptent une approche progressive :
- Premiers 60–90 minutes : concentrez-vous sur les liquides
- Après 90 minutes : augmentez l'apport en électrolytes. Cherchez des boissons fournissant 500–700 mg de sodium par litre pour maintenir l'équilibre hydrique.
Emportez suffisamment d'eau sur le sentier
L'hydratation ne dépend pas seulement de la quantité, mais aussi de la facilité à boire.
Les gilets de trail running avec poches à eau ou flasques souples sont l'option la plus pratique. Comparés aux bouteilles à main, ils offrent :
- Meilleure répartition du poids
- Capacité de transport plus grande
- Accès facile sans interrompre la foulée
- Espace pour électrolytes et carburant
Quelle quantité d'eau devriez-vous emporter ?
- Courtes distances ou itinéraires supportés : ~500 ml
- Longues sorties ou points de ravitaillement rares : 1,5 à 2,5 litres ou plus
Sur des itinéraires isolés, votre sac d’hydratation n’est pas optionnel — c’est votre bouée de sauvetage.

Ajustements d’hydratation pour conditions spéciales
Conditions chaudes et humides
Le pré-refroidissement avec des boissons froides ou des granités peut abaisser la température centrale et réduire la transpiration.
Dans ces conditions, un gilet de course léger et ajusté au corps facilite la prise fréquente de boissons sans interrompre la foulée, même sur un terrain technique.
Haute altitude
En altitude, la baisse d’oxygène et l’air sec augmentent la fréquence respiratoire, entraînant une plus grande perte d’eau par la respiration (GSSI, 2016).
C’est là qu’un gilet de course à haute capacité et sans rebond fait vraiment la différence. Porter suffisamment d’eau et d’électrolytes vous aide à rester concentré dans la montée au lieu de vous inquiéter du prochain point de ravitaillement.
Événements de trail sur plusieurs jours
Dans les courses sur plusieurs jours, l’hydratation ne s’arrête pas à la fin de la course.
Une hydratation efficace pour la récupération se concentre sur le remplacement des liquides perdus, ainsi que des électrolytes et des glucides, pour soutenir la réhydratation et la récupération du glycogène.
Un gilet d’hydratation bien organisé aide à gérer efficacement les liquides et l’énergie tout au long des étapes.
L’hydratation en trail running n’est jamais une décision réservée au jour de la course. C’est un processus affiné par l’entraînement, les tests et une auto-évaluation honnête.
Lorsque vous comprenez les besoins en liquides de votre corps, planifiez en fonction du terrain et des conditions, et utilisez un équipement qui soutient — sans compliquer — l’hydratation, boire cesse de devenir une corvée.
Au lieu de cela, il devient ce qu’il doit être : une force calme et fiable qui vous fait avancer sur le sentier.